04/03/2008

 

A Mademoiselle


Oui, femme, quoi qu'on puisse dire
Vous avez le fatal pouvoir
De nous jeter par un sourire
Dans l'ivresse ou le désespoir.

Oui, deux mots, le silence même,
Un regard distrait ou moqueur,
Peuvent donner à qui vous aime
Un coup de poignard dans le coeur.

Oui, votre orgueil doit être immense,
Car, grâce a notre lâcheté,
Rien n'égale votre puissance,
Sinon, votre fragilité.

Mais toute puissance sur terre
Meurt quand l'abus en est trop grand,
Et qui sait souffrir et se taire
S'éloigne de vous en pleurant.

Quel que soit le mal qu'il endure,
Son triste sort est le plus beau.
J'aime encore mieux notre torture
Que votre métier de bourreau.

Alfred de Musset

18:51 Écrit par Tichat dans En Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Kikou c'est moi, P'tit Papillon,
Je suis de passage pour venir te souhaiter une excellente journée.
L'instruction pour les femmes, c'est le luxe ; le nécessaire, c'est la séduction de Madame de Girardin.

Écrit par : Papillon6168 | 05/03/2008

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